MILK. SHAKE. Les faire claquer lentement du bout de la langue. Moussus, voluptueux, et mordiller les petits morceaux. Poire, banane, cerise. Le voir les saupoudrer de sucre glace. Quand j'étais petite, j'veux dire, plus petite, j'avais un shaker. Je n'sais vraiment pas qui avait pu avoir l'idée saugrenue d'offrir un shaker à une gamine de 4 ans. Enfin, de toutes façons, j'avais un grain. Et je secouais inlassablement ce shaker vide, les écoutant encore et encore me décrire le fameux.. milk-shake. Fascinée. Sans avoir jamais pu en goûter, en apprécier, en déguster la douce légèreté. Et les noyaux de cerise. Un peu comme une fille, je suppose. Une douzaine d'années, un bar de Londres, 11 livres sterling, quelques bulles, des joues rondes et roses, à la banane. Et toujours, putain, l'esprit à des centaines de kilomètres, se posant délicatement contre ce cou brun et chaud, ce cou plus désiré encore que toutes leurs gourmandises, ce cou.. À la sortie d'un bus. Ici. Maintenant. Louis. Oh, Louis. C'est finit.
