Et pendant ce temps il neige en Angleterre. M'sens pas bien ce matin._

Et pendant ce temps il neige en Angleterre. M'sens pas bien ce matin._
Seize ans en vrac.
J'vais pas mourir, j'suis pas morte, tant pis pour les fausses certitudes, seize longues années, et encore cent sept putain d'autres à venir.
La première clope en souriant, c'est pas finit. Pas encore.
Seize ans de bordel.
Il ne faut pas mentir, les nerfs à l'agonie, hurlant et pétillant sauvagement, je n'veux plus.
Dans une ruelle, il fait nuit, naturellement, quelques centilitres de vodka dans le sang, à peine, et plaquée contre un mur. Souffles chauds..
J'aurais aimé avoir un vernis à ongle vert pomme, ça aurait aussi plu à Solène, et puisqu'elle se jette sur moi en me filant une capote et m'embrassant dans le self, elle le vaut bien.
Non, je suis désolée, je n'écoute pas de disco. Affalée contre la vitre, un pâle soleil dégoulinant sur ces jambes nues, perçant un short en jean déchiré, des bras épuisés au bout d'une chemise à carreaux, « elle aussi m'a dit que tu avais maigrit, j'en ai ras le bol ! ».
Je t'emmerde. Cette phrase devient douloureusement classe dans la bouche de Jane Birkin.
On pourrait l'appeler la fournaise. Je serai la seule à avoir le pouvoir de la dompter, me reposant entre ses vagues chaudes et douces, oranges, roses, tandis que les câbles noirs se dresseraient à la gorge de tous les autres, je crois que la misanthropie bat des records ici.
J'ai eu un robot mécanique pour mon anniversaire. Je ne sais pas comment l'appeler. J'étais partie pour David puisque je déteste ce nom, ou Louis, mais tous mes objets précieux s'appellent déjà Louis, et de toutes façons je suis sûre que c'est une fille, et comme le singe de Solène s'appelle déjà Monica, je suis perdue. Marilyne, peut-être ? Billy-Jean, c'est trop frivole. Simone. Pourquoi pas. Bof. Je n'sais pas. Divagations.
Seize ans d'incertitudes, d'indécisions, d'hésitations.
Hier, je n'ai pas bu d'alcool, je n'ai pas fumé de joint, je n'ai pas rit aux éclats, ou si, probablement, je n'ai pas baisé Solène dans les toilettes comme promis, mon dieu que cette formulation est vulgaire, je n'ai pas pleuré, pas hurlé dans l'escalier qui résonne, même si ça m'a démangée.
Non, ils comprennent pas ce que ça veut dire. Plus le choix, maintenant, il faut y aller. Pourquoi sommes-nous si sages ?
Elle avait préparé une mousse de framboise. Sans se rappeler que je déteste la framboise.
Nous avons loupé un chapitre, rien ne va plus, cloîtrée dans ce nid de gamine, pseudo rock'n'roll, se crever les yeux à coup de Led Zeppelin, s'arracher les tympans en un tourbillon d'images vertes et sombres, se découper la langue en petits dés avec une corde de guitare, pas celle du mi aigüe, et passer sa journée à plier déplier replier son corps, juste pour entendre avec délice ce petit craquement de Barbie brisée quand les genoux dansent, sucer son cerveau glacé au bout d'un bâtonnet et surtout le c½ur à la fourchette, dans une sauce à la menthe, et enfin, enfin, s'endormir poussant un dernier cri sur « Shine on you crazy diamond ».
Seize ans de rêves.
La meilleure des clopes est celle que l'on fume sous la pluie, avec un vinyle de Pink Floyd sous le bras. Indéniablement.
# Posté le mercredi 05 mars 2008 05:56
Modifié le mardi 08 avril 2008 07:23

W e . A r e . H u m a n . A f t e r . A l l _

 W e . A r e . H u m a n . A f t e r . A l l _
Retour du rêve, plus que jamais le second virage. Des dizaines d'images, éclatantes de faussetés. Des lèvres rouges vifs, bonjour, de grosses lunettes noires, pourquoi, des côtes, oh oui, des hanches, toujours, des guitares, un tapis rose, des baskets bleues, un drapeau anglais, une lampe rétro, de la soupe de tomate, des chaussettes trouées, une pub Perrier. Comment ? Boucle bouclée boucle bouclée boucle bouclée putain de merde. Et cette grande fenêtre, ce trou béant, perçant insolemment le mur, caricatures de nuages, bouts de cotons, au-dessus du lit, tu n'iras pas, tu n'iras pas, ha ha ha. Cendrillon a rétrécit au lavage, la marraine s'est cassée. Il n'y a pas de talent, pas de chance, pas d'espoir, pas d'envie, comprenez, la Solitude nous ravage. Douce, tendre solitude, bouffe mes oreilles et croque mes hanches, alors oui, non. Ils ont dit non bordel. Les globes brûlants, rock'n'roll dans les orbites. Je veux des mannequins tous petits. Je veux des cheveux très blonds et très courts. Je veux qu'un garçon m'offre sa chemise. J'ai déjà eu le mediator. Je l'ai prommené, ton mediator, je crois qu'il se languit de toi, bout de coeur, mais j'en prends soin. Une Chupa Chups à la cerise. << Twist and jerk, they do the boogie like one big flop, they don't know about soul wine habit club, i sing my song and i'm a rocker, oh burning up with the puta's fever ! Oh listen to the beat, beat of the song, song, buzzin' in my head, my head like bum-dum.. Stayin' alive, oh we're the King-Kong Kive, doin' the King-Kong Jive on the Gabony boogie, now what's the matter with me ? What's the matter with me ? I'm playin' like shakin' under the coconut tree ! >> . Je m'en fous, je l'aime. Des années de sommeil en retard, ils n'ont jamais cherché à comprendre pourquoi, mais moi j'veux dormir, dormir. Bowie, j'aime aussi Nature Boy, avec Massive Attack. À chaque nouveau garçon, je dresse toujours une Liste. La liste des petits trucs que j'aime. La liste à leur balancer à la gueule quand ce sera finit. La liste que malgré moi je garde toujours dans un petit coin. Et j'en ai retrouvé une. La Liste de Louis. La plus intense. Pas la plus longue. Je récite l'avant-dernière en date lorsque je bois. C'est sans sens, mais l'oubli est effrayant.
_ Le but de notre projet était de dégager un air terrorifié..
_ "Terrorifié" ?
_ Ben, ouais, quoi ?
Celle de F. n'est qu'amour du corps, la liste la plus moite. Et là, là vous êtes bien emmerdés de cette ambivalence cultivée, ouais parce que le F. ou la F. ? Allez savoir. Celle de Y. aurait tenu sur un timbre-poste. Celle de B. aussi. Celle de J. un peu plus. Celle de S. un peu moins. Celle de T. se résumait à deux grands yeux, un peu bleus, un peu gris, un peu verts. Et, la nouvelle prend délicatement forme. Les clefs, Jacques Brel, et les chaussettes. Oh dear, it's tea time. Il n'y a que dans la cage rose que je respire. Dans la cage rose, et, les bras du moment. Un souffle chaud et électrique le long de la nuque, plus haut, plus bas. Ma prochaine vie sera faite de gourmandises et de perversions, rien d'autre.
Ou, si, un peu d'illégal quand même.
_ Oh je.. Hehehehe.. Je.... Hahahahahahaha... J'aime trop les.... Hehehehe..
_ Ué ?
_ J'aime trop.... Hahahahahahaha... Les SCOOTERS ! Huhuhuhuhuhuhuhuhu..
Le prochain vendredi 29 février tombe en 2036. Cela suscite divers réactions. Indifférence, suppositions philosophiques, propositions douteuses. Mais une seule fut charmante. Douceur, douceur..
Et, une seule s'accorda avec la mienne. " Je crèverai avant. "
Waterloo Sunset. Le plafond en chute progressive, euh, pardon, zeugma encore, mais il faut l'avouer..
Nan, j'y crois plus. Merci.
# Posté le samedi 01 mars 2008 10:32
Modifié le mardi 08 avril 2008 07:23

On s'est tous faits baiser par le cake. Baiser par le cake._

On s'est tous faits baiser par le cake. Baiser par le cake._
Appel manqué. Numéro inconnu. Un message.
À peine un souffle. Quelqu'un saisit une guitare, et entamme maladroitement les premières notes de Paint it Black. Puis raccroche, sans un mot.
Il ne me faut pas plus d'une seconde pour comprendre qu'il n'y a que lui pour faire ça. Pour savoir que ce genre de chose me fera décrocher le premier sourire de la journée. Pour me retenir contre lui jusqu'à quatre heures du matin, à me faire redéguster nos morceaux préférés, des Stooges aux Doors en passant par Led Zeppelin, les Sex Pistols, Otis Redding, et les Stones. L'incroyable amitié musicale, une clope fumée dans un sac de couchage, et un slow sur les Ogres de Barback, douce danse improbable. La petite échelle entre les arbres, au sommet de l'ivresse, nous trois, couchés sur un toît, les uns contre les autres, et dans un murmure enfumé, " la cinquième roue du carosse, pas vrai ?..". Les Lucky Strike s'enchaînent, bang, endormie au bord des toilettes, la tête dans la machine à laver, bang, autour de mes épaules, les bras d'un frisé, encore un, et ceux de ma rousse préférée, le long du fleuve, comment on est arrivés là ? Je ne sais plus, les Dr Martens dans la boue, let's speak english together, you stupid motherfucker. Bang, assise en vrac sur une barrière, dominant le vide, un inconnu à côté de moi, je ne sais pas pourquoi, nous parlons, encore et encore, bang, vautrée sur un fauteuil de cuir, les garçons s'enchaînent, braillant mon nom, qu'importe, bang, serrés à trois dans un placard à nourriture, engloutissant des morceaux de sucres, les recrachant le temps d'un éclat de rire, et fais-moi des pâtes aux lentilles, bang, le long d'une cheminée, suçant le cou d'une blonde défoncée qui me hurle qu'elle l'aime, qu'elle l'aime bien plus que moi, bang, au creu d'un bras, chuchotant du Billy Ze Kick, bang, une fille au joli piercing se déchaîne en me souriant sur du AC/DC, bang, nos lèvres, collées, puis à même le métal, dévorant l'épaisse fumée sucrée, bang, un géant couché au bord de la route, bang, bang, l'alcool m'envole, de scène en scène, sans rapport, sans repère. L'alcool nous envole.
Nous écroule en plein vol. Le visage trempé de larmes, la main sur la cuvette. Le jus de banane, c'était de trop. Oui, oui ça va, t'en fais pas.
_ La gueule que t'as..
Ouvrir les yeux, tourner sur soi, le monde tombe, tombe, vertige au ras du sol, plus pâle que jamais.
_ Je t'ai dit que j'étais fatiguée..
Il avait les cheveux courts et haïssait la Mano Negra. Elle avait un keffieh et chantonnait King Kong Five comme personne.
L'utopiste terre-à-terre, la rêveuse pessimiste, paradoxymores, nous y voilà.
C'est ici, lovés dans l'herbe, au ras du soleil, caressés par le fleuve, entre la sortie des égoûts et les cadavres de ragondins, que le calme prend vie, endors les vieilles angoisses. Pour un temps.
On y reviendra.
_ On a qu'à se voir qu'une fois par an, après tout. Juste pour..
_ Pour faire l'amour ?
# Posté le jeudi 21 février 2008 12:08
Modifié le mardi 08 avril 2008 07:23

Humeur câline, désirs surhumains, sens affolés, grosse conne et superbe espagnole._

Humeur câline, désirs surhumains, sens affolés, grosse conne et superbe espagnole._
<< We're going down, in a spiral to the ground.. No one, no one's gonna save us now. >>
Des fois, j'ai du mal à respirer. La chambre n'a pas de sourcil.
_ Bon, j'rentre chez moi.
_ Pourquoi, tu te fais chier ?
_ Ouais.
_ ..
_ Enfin, non, mais.. Euh..
Regard noir. Ou, vert foncé. Bille orange sur le fleuve, sourire furieux le long du pont, les cheveux dans la bouche. Un après-midi dans l'herbe. Et les orties. Psychologie des contraires. Et Billie mourut, on ne sait ni trop quand, ni trop comment. Qui pleure ? In a spiral to the ground. Le châton qui voulait sauter par la fenêtre. Ne pars pas. Grands yeux verts, assoupis dans un t-shirt de garçon, me fixant, perchée de l'autre côté de la baignoire. Ne viens pas. Le châton qui aimait les corps et l'équilibre.
_ Lui aussi il veut te baiser !
T'as la classe, ma vieille, je t'assure. Les corps, je les aime aussi, pas ceux que l'on attend.
_ J'aimerai penser comme toi.
_ Il ne faut surtout pas.
Deux lapins blancs qu'il faut séparer à coups de pied. Un appartement aux rideaux verts. Des choregraphies de baguettes magiques. Une pierre précieuse mauve. Un cours d'allemand. Une guerrière blonde. Un bateau. De la pluie. Nuits agitées, même pas comme on l'aurait voulu. Non, ils ne jetteraient pas la clé au fond du puit, simplement parce qu'on ne m'enferme pas comme ça, je rongerai les barreaux s'il le faut, et on partira. Ensemble, si tu veux. Loin, surtout. Nuits agitées d'une présence asbente, douloureux oxymore, nos longs cheveux bruns mal peignés mêlés, ton souffle endormi caressant mes insomnies. Idylle détrônée, puisqu'il parait que les battements de mon coeur pourraient être le rêve n°5. Après tout...
_ Comment je peux lui dire que c'est qu'un gros nul et que je veux plus de lui ?
_ Ben tu lui dis que t'es complètement perdue, que t'es vraiment désolée, t'ose plus continuer, que vous pouvez rester amis..
_ Mais son cousin vient de mourir !
_ Ben, c'est pas sa semaine.
_ Je t'aime.
Il y a un secret, à trois, surtout deux, un quatrième mais on l'emmerde, un secret affolant, un secret maintenant à cinq, six, sept, peut-être huit, et l'on ne s'arrêtera pas. Un secret comme je les hais. Une petite boîte, et il a plein pouvoir sur moi. Je fais confiance, je ne veux pas partir, je ne veux pas. Et j'ai une envie folle de pain perdu, perdue dans de folles soirées à vos côtés.
Il y aurait P-lume, parce qu'on l'aura notre moment tant attendu. Il y aurait F-A, parce que rien sans elle. Il y aurait la bande, SL, VL, AC, CL, MM, NM, Y. Il y aurait eux, LG, CD, et MD. Avec N, si elle y tient. Avec J pour LG, j'y tiens. Il y aurait AB, naturellement. Evidence. Il y aurait vos habituels, J, E, F, L, A, A, P, Q. Mais sans A et A. Il y aurait un des frères pour SL, et l'autre pour être polie. Il y aurait l'autre A, pour dire au revoir. Il y aurait R parce que A. Pour achever F. Il y aurait G et P parce que j'en ai envie. Il y aurait une Anna, pour l'esprit. Et, un FT, pour le corps. Il y aurait NB, une autre MM, et JC parce qu'ils me manquent. Il y aurait TR et LL pour racler les derniers regrets. Et parce qu'ils me manquent aussi. Naturellement, il y aurait le prof d'histoire. Et de l'absinthe. Et une guitare...
Perdue dans de folles soirées à vos côtés.
# Posté le dimanche 17 février 2008 13:04
Modifié le mardi 08 avril 2008 07:23

You've got to understand we must remain perfect strangers._

You've got to understand we must remain perfect strangers._
Je brûlerai tes ailes.
Peur, indécision, je n'ai que ça, tu le sais bien. Le volcan l'emportera toujours, peu importe les vents, ils ne le calment qu'un temps. La métamorphose n'est pas envisageable. Pas si tôt. Et quand je dis que je ne suis vraiment pas une fille bien, c'est pour tenter de les préserver, ces ailes, si tu ne les déploies pas je ne pourrai pas les brûler. Je ne veux pas. Emportée par ma propre tornade, écroulée sous leurs reproches, je suis la première blessée.
C'est vraiment con, parce que tout ce que j'aimerais te dire, maintenant, fait parti de ces choses que la pudeur me force à taire.

Plume froissée, plume écartelée, plume asséchée, encre rouillée. Malgré cette haine du ton sur ton, une Menthol White entre des doigts pâles, couchée dans la neige cotonneuse, presque chaleureuse, amicale, bourrée d'enfance, trampoline vers le paradis.
_ Je peux te lécher les globes occulaires ?
Cils entremêlés sous la moiteur d'une langue, et insulter les passants qui regardent d'un mauvais oeil notre corps déséquilibré par l'alcool.
_ J'ai rangé mes jambes au casier, et décousu mon arc-en-ciel.
_ Oh, c'est beau !
_ Non, j'ai vraiment mes jambes dans le casier, et décousu l'arc-en-ciel de mon sac, regarde.
Terre à terre ? Si le sol est en chocolat-praliné parsemé de macarons à l'amande, alors oui, sans aucun doute.

_ T'as pas froid au zizi ?
_ Ouais c'est plein de beurre !
_ ... ?
_ Euh, non mais, mon sandwich. Y'a plein de beurre.
_ On s'gèle les miches ici.
_ Ouais ça m'coule dans la raie.
_ Franchement, on est trop classes.

Une heure. Peut être deux. Dans ce village. Dont j'ai connu les recoins, les virages, le gros chat siamois, le tour du monde permanant qu'était ma classe aux 1000 origines, la rivière, le pont brisé, la pizza qui portait mon nom, la boulangère, les Malabars qu'elle fourrait discrètement dans mon poing dodu, et la maison de celle que j'appelais affectueusement " ma meilleure copine ". Celle avec qui je passais des heures, des après-midi, des nuits, de longue disputes pour savoir laquelle était Blanche-Neige et laquelle n'était que la vilaine Belle-Mère, La Pincesse du Joyau rose ou celle du Joyau vert. Nous êtions pareil, gueulardes, rieuses, excitées. Fières. Nous êtions pareil..
Une photo. 20 bon centimètres de plus que moi, plus encore avec ses talons. Ses longs cheveux bruns décolorés en blond platine. Sa peau toujours aussi hâlée. Des lentilles bleues, un piercing au nombril, un tatouage sur la hanche, des strings l'O.M. et du R'n'B.
Et sa mère, fière :
_ Une vraie pin-up !
# Posté le samedi 16 février 2008 03:37
Modifié le mardi 08 avril 2008 07:23